|
Pablo Avendaño
Demarche artistique Ce que je cherche c’est de produire des figures qui émergent de la peinture et non de reproduire un modèle irrémédiablement dérobé. Dès lors, inverser le passage du symbole: le tableau est maintenant un point de départ et non un miroir. Il s’agit donc de saisir une présence picturale, une sorte de surabondance du réel; bref, une concentration de la sensation. Pablo AVENDAÑO 2005 Topographismes Pablo Avendaño situe ses paysages entre le « road-painting » et le « thriller pictural ». Dans sa série Topographismes, chaque tableau est comme une séquence de film qui entraîne le spectateur dans une traversée. La traversée d’un espace, la traversée d’un temps. La distance entre deux mondes. Notre mémoire voyage entre plusieurs images : de La traversée du monde souterrain de Joachim Patinir (11515-11524) à l’œuvre cinématographique de Wim Wenders. Les paysages de Pablo Avendaño ont souvent un caractère monumental et dépouillé offrant une gamme chromatique feutrée. Une prédominance de verts et de bruns stratifie la toile. Un espace ouvert porte notre regard vers un infini. La ligne d’horizon l’emporte. Le bleu du ciel retient. Soudain, une opposition s’intercale. Une action se révèle avec l’apparition d’un objet insolite et des personnages. Leur simple présence décrit une ligne de fracture qui rompt silencieusement, sans heurt, les étendues planes du paysage. Une intrigue se profile autour d’un artefact pictural. Une intégration plastique floue, une installation éphémère aux couleurs vives, un cheval en plein galop figé dans un glaçon géant. Les personnages apportent une temporalité à l’atmosphère insondable de la scène. Ce contraste entre nature et objet entend indiquer le rapport complexe qui s’établit sans cesse entre la peinture et la représentation du monde. Anne-Esther HENAO Les Epiphanies profanes Il y a chez Pablo Avendaño comme une mystique de l'horizon. Ayant vécu à Madrid, il est habitué depuis longtemps aux fascinations qu'engendrent les vastes espaces castillans. Pour Pablo, l'art paysagiste est moins le miroir du monde que la source de mille rêveries plastiques. Ce genre pictural est celui qui induit le plus naturellement l'idée du voyage. Exactement comme dans un road movie ou un vieux Western . Le paysage est avant tout un espace mental, c'est l'expérience rétinienne du spectateur qui suggère du mouvement au sein du champ pictural. Si Pablo manie avec acuité les effets modulateurs de la ligne d'horizon, il confère également à ses compositions un caractère monumental et dépouillé. Mais si les notions d'équilibre et de mesure sont importantes, ses œuvres se caractérisent aussi par l'irruption d'éléments incongrus. Ainsi, l'artiste arrive à conférer à ses topographies imaginaires une aura teintée d'une inquiétante étrangeté. Ces artefacts sont comme des ruptures picturales qui témoignent de l'intrusion du dionysiaque au sein d'un équilibre apollinien. Avendaño se joue des limites convenues, particulièrement de l'opposition entre abstraction et figuration. Il utilise la force évocatrice d'éléments figuratifs mais au sein de larges plans abstraits. Lorsqu'il peint, il part d'une idée de base tout en évitant l'écueil d'une trop stricte planification. Il peut lui arriver ensuite de cultiver les associations libres ou inconscientes. Il avoue d'emblée avoir un goût pour les décors monumentaux qui par la magie picturale peuvent aller jusqu'à flotter. L'introduction de l'élément temporel est un souci constant pour l'artiste. Un goût affirmé pour le suspense l'amène à considérer ses tableaux comme des thrillers picturaux. Ainsi dans ses peintures, de minuscules personnages regardent des objets ou choses se manifester soudainement face à eux. Ces observateurs sont confrontés à l'intrusion d'étranges manifestations picturales. Avendaño parle poétiquement « d'Epiphanies non sacrées ». Et si les personnages sont petits, c'est qu'ils sont la conscience même de notre propre insignifiance. Pensons aux tableaux de Friedrich, voire aussi au cinéma fantastique contemporain. Ici l'emploi du flou se décline au pluriel, ce qui permet de garder intact le mystère insondable des images. Le flou confère aux compositions une mystérieuse profondeur de champ qui affine la subtile ambiguïté de l'espace. Olivier Duquenne, novembre 2006
[…] Couleurs sonores, parfois à haut risque, et sujets délibérément flous marquent une approche un peu décalée des choses de la vie. Le souffle y est présent, l’amour aussi et s’il y a un navire c’est pour un départ qui semble aller au-delà de la planète. L’artiste ne rejoint pas l’immense troupeau des abstraits par carence de métier mais reste dans une peinture suggérée et malgré tout figurative ou plutôt figurée qui n’est nullement un reflet de la réalité ni interprétation photographique. Ce sont des images de mémoire qui provoquent chez le visiteur une sensation de déjà vu ou de jamais vu, une peinture qui pose une foule de questions et semble dire : non le réel n’existe pas, seule l’image mentale existe au présent. Anita NARDON, Février 2005, Art Partners Center
|
2006 > 2007
Copyright
Artiste de La Communauté Française de Belgique
|
Toutes les photos
et textes présentés sur notre site Web sont soumis aux droits des artistes ![]()
![]()