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Nathalie
Pirotte
Au départ (depuis 1997) Il y avait des coffrages de cires (« montré- caché »), images floues et sensuelles de silhouettes indéfinies (voir « vue cires »). Lors d’expositions, certaines peintures à l’huile (abstraites) s’intercalent entre ces cires (ponctuation, confrontation ?). Elles traitent du même sujet, mais différemment, tel un recto verso. Suite à mon exposition personnelle (Espace Blanche, Bruxelles, 2001), ces abstractions m’ont semblés inadéquates ; la suite devrait être figurative. Personnes et objets de mon entourage, proches, traduite avec mon « regard de femme et de mère, de mère de fillettes et de futures femmes… ». Sujets intimistes, correspondant à ma façon (timide ?) de poser les yeux sur les autres et sur les choses : un mélange de fantasmes, de rêverie, de retranchement (fragments, flous) et de moments d’acuité visuelle. Regards /attente, chaleur, tension, bourdonnement, froissement, regards flous, de biais, ambigus, sélectif et fragmentaire. Extraits de vie au quotidien. Détails. Jeux et plaisir. Douceur sensuelle et séduction agressive ? Ambiguïté et mystère. Charnel. Secrets, aussi. Sous-entendus. Chuchotements. Quand on cache, quand on se cache, on ne regarde pas en face, ou alors, droit dans les yeux, parfois avec un voile. Ceci engendre une vision particulière des autres. Fragments, flous, regards directs. Les couleurs sont altérées, plus contrastées dans leurs rapports terne/saturé. Cela crée un climat particulier, cotonneux ou sourd et tendu. Plus souvent, ma peinture devient floue. Quant aux cires, elles ont évolué vers des images de plus ludiques sous la même matière sensuelle : Il s’agit de garder le côté diaphane, ainsi que la couleur charnelle (rosâtre), le côté doux et tactile, fragile et spécifique du matériau, mais, dessous, le jeu des silhouettes dans la silhouette me permet de quitter un signe trop archétypal exploité auparavant tout en donnant davantage de sens possibles au tout.
Quant à Nathalie Pirotte-Lippert, elle mélange le dessin et l’écriture en une gestuelle sensuelle. Des formes allusives naissent des mouvements du pinceau, à moins que ce ne soit la gestuelle qui ne dissolve les formes sous l’effet d’une mémoire défaillante. Vagues souvenirs flottants dans la conscience, réminiscence d’émotions diffuses, les œuvres de Nathalie Pirotte sédimentent des états intérieurs et les font ponctuellement resurgir au gré des mouvements de l’âme. Pierre-Olivier Rollin, 2000.
Portraits Je pars des photos numériques, prises de vue de scènes familiales, portraits de mes filles, de leurs gestes, leurs postures et expressions spontanées d’enfants. J’aime leurs scénettes. Je m’interroge sur leurs personnalités, leurs physiques, leurs destins peut-être aussi. Je retravaille, manipule ensuite mes photos à l’ordi : recadrages éventuels sur des détails, changements de gammes, flou gaussien, contrastes. Ces documents sont alors pris comme références pour une peinture, à l’huile. Les gammes de couleurs ne sont pas réalistes. Elles sont souvent basées sur des roses vifs ou des rouges, des taches et traits noirs, des gris froids. Certaines peintures sont floues ou volontairement inachevées. La matière des peintures, elle, est assez neutre, classique, aussi fine que possible, mais typique du medium. J’aime recréer des atmosphères silencieuses, et, étranges ou ambiguës. Il m’arrive de partir aussi de photos découvertes dans la presse ou sur le net. C’est souvent la forme générale d’un objet ou une gamme de couleur qui m’interpelle et m’incite m’approprier tel ou tel document comme source. Ces peintures d’objets viennent-elles pour « donner le ton » aux portraits ? Je crois qu’il y a toujours eu un aspect narratif à mon travail.
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Artiste de la Communauté Française de Belgique |
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