Discipline :   Installation / Sculpteur

Jocelyne Coster

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1630 Linkebeek / Belgique  

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Scales - 2009
Installation - Capelle de Boondael - Bruxelles
© photo Daniel Deltour

Scales

Au centre de l’espace : une roue de 2m de diamètre dans laquelle une personne peut s’inscrire à la façon de l’homme de Vitruve. Elle est rythmée par 84 gradients, ce qui représente l’espérance de vie la plus haute de la planète, celle d’Andorre. Sur la circonférence de l’anneau, une portion de carte de l’hémisphère nord est reprise : celle de nos confortables latitudes…

Chacun peut entrer dans cet anneau, et, comme un hamster ou un prisonnier des temps anciens, le faire avancer au sol par sa propre énergie…

Aux murs, avec de semblables dimensions, des panneaux blancs, d’où apparaissent les empreintes noires de mains et de pieds, agrandis : les corps sont absents, évanouis dans cet espace monochrome, qu’ils soient recouverts d’un linceul, ou noyés dans les éblouissements de la neige et du brouillard. Les disproportions tordent ces humains reconstitués par le spectateur. Dans ces vides, on les imagine marcher, se rencontrer, porter l’enfant, s’accoupler, mourir…

Disposé en série, comme une iconostase, cet ensemble hiératique nous parle des étapes de la vie jusqu’à la mort avec des épidermes ridées, comme celle des momies dont on aurait conservé que l’empreinte, mais soufflée par l’aveuglante lumière d’Hiroshima : immatérielles.

Au centre de l’espace : un objet à manipuler, bien vivant, ludique et didactique.

Il évoque la géographie, l’état de la planète et des rapports Nord/sud ; il parle du corps humain, du nombre d’or et du mouvement perpétuel…Il amusera les enfants et les familles, et appuiera les interrogations de l’instituteur.

Aux murs, des ombres qui convoquent la mémoire et l’imaginaire ; silhouettes à recomposer, allusions à notre destin, méditation sur ce qui nous reste, quand nous ne livrons que quelques traces : de notre passage sur terre reste-t-il autre chose que le pli d’une main, qu’une empreinte sur une page blanche ?

Par un dispositif à la fois physique et désincarné, par la cohérence des gestes qui impriment, Jocelyne Coster interroge les échelles du temps et de l’espace dans lesquelles nous sommes saisis : entre notre centre de gravité intime et celui du monde.

Vincent Cartuyvels  2009  

 

MOUVEMENT PERPETUEL
Maquette 2002- réalisation 2009



La roue est composée de 80 lattes de bois qui représentent l’espérance de vie moyenne actuelle sous nos latitudes. Fixé à l’extérieur des lattes un tour du monde sous nos latitudes (du nord de l’Europe au nord de l’Afrique. Dimension 1/1 - intérieure : 200 cm - extérieure : 210 cm - Largeur : 70 cm La roue est mise en mouvement par un visiteur, qui y entre, et la fait tourner par son déplacement corporel.

 

ARTICLE 13 - 2006

Série de 6 sérigraphies sur panneaux et découpe métallique
280 cvm x 50 cm x 2,4 cm
 


FRONTIERE - 2006

Impression pigments sur papier arche - 20 cm x 42 cm

 

 


 
“De Sienne à Outremer”


“J.L.B/J.C”

 

DEPLACEMENTS - 2007



Plancher formé de 40 sérigraphies sur panneaux entourées de règles en bois imprimées - 339 cm x 153 cm

 

Identité cartographique

La cartographie est un mode de représentation de la terre que l’on peut aisément appliquer par exemple à des objets.

Sur ce principe finalement assez simple, Jocelyne Coster entreprend une sorte de cartographie de parties du corps humain en partant d’une analogie : les empreintes digitales ou autres parties corporelles offrent bien des similitudes formelles avec les courbes de niveaux et déterminent finalement une identité. En associant les deux données, cartographiques et corporelles, elle sème le doute sur l’image présentée et propose en fin de compte un mode de représentation abstrait du corps humain néanmoins identifiable si l’on prend la peine d’entreprendre une analyse scientifique.

En des travaux sérigraphiques de belle qualité, intenses de couleur, précis, traduisant autant la planéité que l’espace ou le relief, elle passe de l’univers corporel au terrestre en de multiples interactions, un organe pouvant ainsi devenir une île imaginaire. Perspicace.

Claude Lorent   La Libre –21 mars 2007  


LEILA 6 - 7 - 9 - 10 ans - noir/blanc - 2006
Sérigraphie sur panneaux - 60 cm x 60 cm x 1,8 cm - série de 4 pièces


MESURES DE LEILA 6-7-9-10 ans - 2006
Sérigraphie sur règles d’ érable - 171,5 cm x 1,5 cm x 1,5 cm
 

Le doigt, l’œil et les cartes - 2006

Le mot « minutie » : détail sans importance, disent les dictionnaires, voire insignifiant. Et en second lieu, soin donné aux moindres détails mais les dictionnaires ne sont jamais à jour et c’est tant mieux. L’art de la sérigraphie en requiert beaucoup, de cette minutie, mais une autre acception fait ici écho : dans le domaine de la biométrie, au pluriel. Les « minuties » sont ainsi les points caractéristiques d’une empreinte digitale.

L’image brute du scan, devenue binaire, conduit à une autre, tirée de l’analyse numérique des points de minuties. Il en résulte une constellation dans un système de coordonnées, que le calcul transforme en figure virtuelle de l’identification. À partir des lignes des crêtes — qui séparent les vallées —, les algorithmes de reconnaissance d’empreintes peuvent ainsi dresser une carte de l’identité. L’extraction des minuties permet d’isoler des bifurcations ou des terminaux, qui donnent à lire l’agencement particulier des lignes papillaires du dessin digital (dactylogramme). Notons que ce processus d’abstraction s’est adjoint, par analogie, un vocabulaire de lacs, d’îlots et de deltas.

La biométrie a d’autres ressources, on le sait, qui font résonner l’idée de contrôle ; résonance intrinsèquement liée, aussi, à la cartographie. Le corps et le territoire ont une longue histoire commune. Du pied ou de la coudée à l’iris ou à la voix, un étrange basculement s’est pourtant produit. Le corps était le site de référence des nombres et des mesures de l’arpentage, pour décrire le territoire et le cartographier. Aujourd’hui, par le truchement des nouvelles technologies, il fait l’objet d’une hypercartographie donnant les moyens de contrôler … les allées et venues des corps dans l’espace et dans le temps.

Mais ces techniques ont un versant poétique, qui échappe à leur empire, et qu’explorent les circonvolutions de l’herméneutique. Les imaginaires du corps et de la carte sont innombrables et divers. Surtout dans le mouvement qui considère le regard comme échange de vues. Quand micro et macro s’enchevêtrent, la pulsion scopique produit des images dont l’utilité, à certains égards, est d’ordre critique. Télescoper l’image d’une empreinte digitale et celle d’une carte altimétrique, et les fondre en une seule texture, c’est, dans le contrechamp du sécuritaire, parler de la peau et aussi parler de la place du corps. Et c’est parler des mystères qui percent les apparences. Au fond, c’est montrer même la surface pour dire qu’elle n’existe pas sans profondeur. Et c’est en rester à la surface pour laisser libre cours aux décryptages.

La sérigraphie représente en masquant. Ses tamis d’impression sont des écrans, en partie obturés, des grilles de lecture aussi, et des trames de partition. La précision du médium, par les vertus des encres, accueille les codes du repérage qui travaillent les champs colorés en couches successives — les cartes, toujours, ont des niveaux visibles et invisibles —, et produisent des images du monde où se lisent des images de soi.

Ici, les graphes montrent des étendues nervurées, des plissements d’âge ou des corporéités paysagères. En général, une carte est un état des lieux à un moment donné, qui se parcourt mentalement. Quand le territoire considéré est fait de parcelles de corps comme autant de lieux de reconnaissance, d’autres dimensions s’ajoutent et se mélangent. Sous les apparences, se croisent alors grains de plans de lecture et essences voyageuses, géonomies et géométries, dérives anthropométriques et effigies chiffrées, abîmes spéculaires et anfractuosités dermiques, extériorités discrètes et proxémiques introjectives, embrayages énonciatifs et lacunes temporelles, cinématographies lentes et signalétiques latentes, empans mnésiques et topogrammes matriciels, topoï rétiniens et schémas heuristiques — récits tactiles et lectures figurées (sans oublier ce que les aveugles voient du bout des doigts) …

Les cartes, quelles qu’elles soient, et surtout celles-ci, sérigraphiées, sont définies par un jeu savant de cadrages et d’échelles, par des transcriptions, et surtout par l’usage de conventions visuelles ; qu’elles se déploient en séries ou en atlas accentue cet esprit de méthode. Mais les variations sur les codes, ont un étonnant potentiel imagétique. La clarté d’un tel langage semble aimer les énigmes. Si ces cartes renvoient à l’idée de fragments pris dans une totalité, elles s’émancipent de l’observé pour atteindre, au-delà des questions d’étendue, à la durée et aux variations qui s’y inscrivent. Ainsi échappent-elles à elles-mêmes — chronos, nomos et graphein —, leurs contenus ne se départissant jamais d’une esthèsis de l’être au monde.

Raymond BALAU  
AICA – SCAM  
5 janvier 2006
 


ASTROLABE - 1999




Réalisation à l'Aéroport de Bruxelles National - cage d'escalier menant aux salons V.I.P. des compagnies aériennes. Sérigraphie sur aluminium et inox - 1500 cm x 1500 cm x 5500 cm

 

 


MAIN GAUCHE - 1999
Sérigraphie et acrylique sur toile - 59 cm x 69 cm

 


1 COUDEE = 3 MAINS - AUTOPORTRAIT - 2001
Mètre pliant - Sérigraphie sur érable - dimensions variables


1 HAUTEUR = 4 COUDEE - AUTOPORTRAIT - 2001
Mètre pliant - Sérigraphie sur érable - dimensions variables


1 PIED = 4 POUCES - AUTOPORTRAIT - 2001
Mètre pliant - Sérigraphie sur érable - dimensions variables

 

 

Extrait de la série Etape


Etape 1 - 2009
Sérigraphie sur aluminium
200 cm x 200 cm


Etape 4 - 2009
Sérigraphie sur aluminium - 200 cm x 200 cm


Etape 2 - 2009
Sérigraphie sur aluminium - 125 cm x 200 cm


 

Attitude 1 - 2 - 3 - 2008
Sérigraphie sur alumunium
50 cm x 200 cm - 3 pèces

 

 

 

 

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Artiste de La Communauté Française de Belgique

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