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Discipline : Peintre |
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Mathieu ADAM
Dans cette série de dessins, j’ai voulu prendre en compte le support, le penser comme un élément constitutif de l’ « œuvre », au même titre que la couleur, les traits,…etc. qui vont venir prendre place sur le papier. Le support n’est plus considéré seulement comme une surface indifférente à la création qui s’y donne à voir; il se plie, se déchire, se montre dans tous ses aspects et participe activement à l’élaboration du dessin. Le point de départ dans la création de ces dessins était d’utiliser le papier (lui-même plié suivant une grille de carrés identiques) à la fois par-dessous comme support et par-dessus comme une matière venant masquer tout ce qui se dépose à sa surface (couleur, trait, colle). La couleur se voit ainsi voilée plus ou moins complètement par une partie du support. En effet, dans cette action de voilage, la feuille peinte se replie, est collée et scellée, fermée sur elle-même. Une fois la colle séchée, la feuille est ouverte à nouveau et s’arrachant, elle laisse par lambeaux une de ses couches collée sur la partie peinte, tout en gardant elle-même la trace de cet arrachement : le support s’ouvre et recouvre. Le dessin procède ainsi de suite jusqu’au moment toujours incertain où je décide de l’arrêt des opérations.
Il s’agit donc d’une démarche de masquage, de voilage, d’effacement. Pourtant, au plus le papier vient masquer ce qui se pose sur lui, au plus il dévoile ses couches, montre son intérieur et parfois va jusqu’à être transpercé et laisser apparaître son support à lui (à savoir le mur blanc sur lequel il est posé/ le papier de conservation sur lequel il est fixé). De cette démarche initiale résultent donc deux conséquences : le papier se fragilise par endroits tout comme il se consolide à d’autres; de même, le papier et la couleur se voilent tout comme les couches intérieures du papier et l’envers de la couleur (mais aussi des traits, et en moindre mesure de la colle) se montrent. Au final, ce qui est donné à voir par le dessin, c’est justement cela : le côtoiement de plusieurs opposés – vide/plein, recto/verso, fond/forme, voilement/dévoilement,…- sur une même surface. Les parcelles de papier et de couleur s’accumulent donc petit à petit aussi bien latéralement (les unes à côté des autres, de gauche à droite, de haut en bas sur le papier) que dans l’épaisseur (les unes sur/sous les autres, à l’intérieur des couches du papier), pour venir former un amas, comme un feuillage à l’intérieur duquel tous ces éléments se mélangent les uns aux autres, se perdent les uns dans les autres. Malgré tous ces changements de statuts (sur/dans/sous le support), un seul élément reste en place et au contraire s’affirme davantage : le squelette de papier, cette structure en grille à partir de laquelle le dessin s’organise. Au fur et à mesure de l’avancement du dessin, il devient de moins en moins évident de distinguer les différents éléments qu’il met en jeu ; distinguer le blanc de la surface du papier avec le blanc de l’intérieur de ses couches, le blanc du papier du blanc du mur. Les contours des formes, de même que la limite du papier tendent également à se confondre, à devenir incertains. Je le répète : c’est justement de cette indistinction dont il est question dans cette série de dessins, de cette mise à plat sur la surface vallonnée du papier, du support et de la couleur dans tous leurs états. Tout fonctionne donc par contiguïté, contagion, où chaque parcelle de papier est en contact avec une autre. Le dessin se transforme petit à petit en brouillage (camouflage), un nuage à l’intérieur duquel ses différentes parties flottent et se confondent les unes les autres. Il en est de même dans le rapport que le spectateur peut avoir avec l’ « œuvre ». En effet, tout en dé-couvrant cette dernière, le regard a tendance à se rapprocher de plus en plus (jusqu’à ce que les contours disparaissent), pour enfin céder sa place au toucher. Ce développement par contiguïté du dessin annule toute forme dans laquelle le spectateur pourrait éventuellement s’identifier. La distance entre le dessin et le spectateur se voit ainsi rompue. Pigments, acrylique, fusain, 2004,
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2008 - 2010
Artiste découvert par LaGalerie.be à La galerie ESPACE BLANCHE, Bruxelles 2008
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